Ce 16 septembre, la présidente de la Commission doit délivrer devant le Parlement européen son bilan annuel de l’état de l’Union.
On attend peu de ce rituel maladroitement inspiré du Congrès américain et le risque est qu’il déçoive une fois encore par sa généralité.
Il y a pourtant matière à déclarer l’état d’urgence au sein de l’Union.
Coincés entre la Russie qui lui a déclaré une guerre qu’on hésite à reconnaître et des Etats-Unis à la dérive, les Européens n’ont d’autre choix que de compter sur leurs propres forces qui sont loin d’être négligeables.
Pour cela, il faut assumer de répondre aux actes hostiles de la Russie, de refuser le chantage américain et de se méfier officiellement de l’opportunisme chinois. C’est aux Etats membres de répondre à ces défis et aux institutions européennes d’en tirer les conséquences.
La quête de l’autonomie européenne est une question de survie pour l’Union. Le diagnostic est connu. Seule une autonomie économique, commerciale, financière, politique et de défense permettra au continent de s’affirmer dans un monde rude et compétitif. Il ne s’agit pas de rompre avec qui que ce soit, il s’agit de s’affirmer et de s’assumer.
Au cours de ces dernières années, l’Union a déjà beaucoup changé. L’état de l’Union établi par la Fondation Robert Schuman dans son Rapport 2026 l’atteste.
Elle doit accélérer encore. Les propositions de Mario Draghi ont fait l’unanimité mais seulement un tiers d’entre elles est engagé.
La Commission européenne devra se concentrer sur ses compétences plutôt que de se disperser dans une géopolitique approximative ou des sujets de société qu’elle doit laisser aux Etats.
Elle doit travailler d’abord à relancer l’intégration indispensable de la fiscalité et des marchés financiers européens. C’est une urgence économique et c’est son devoir.
Elle doit moderniser sa gouvernance, refuser la verticalité, libérer les compétences de ses membres et mieux diriger politiquement son administration. Elle doit apprendre à communiquer et démontrer en permanence son utilité auprès des citoyens, ce qu’elle n’a pas su faire jusqu’ici.
Souhaitons que ce discours en soit l’occasion, évite les poncifs ou les slogans et stimule le grand tournant européen qu’exigent les circonstances.